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Bonjour Jean-jacques ! Ca fait combien de
temps que tu t'occupes de la programmation des Vieilles Charrues ?
Presque quatorze ans ! En fait depuis le début, en 1992. J'étais alors bénévole, comme tout le monde, puis
à partir de 1997 je suis devenu salarié. D'abord à mi-temps, puis à plein temps depuis janvier 2000.
Racontes-nous comment a démarré cette aventure des Vieilles Charrues.
D'une boutade à la con. On était une équipe d'une quinzaine de copains, essentiellement étudiants sur Brest. On s'est dit qu'il fallait faire une fête pour la fin des examens. Ce qui fait que la première année c'était privé. On avait invité les copains des copains qui invitaient à leurs tour la copine de la copine et, de fil en aiguille on s'est retrouvé à 500 personnes. Cet été là, c'était donc en 92, il y avait également la première édition du grand rassemblement des
Vieux Gréements sur Brest et Douarnenez. Alors, dans une discussion de bistrot, on s'est dit que nous
qui habitons les terres, on allait appeler ça
'Les Vielles Charrues.'
C'est donc une fête de potes. Il n'y avait pas du tout de scène. Chacun amenait juste son instrument pour jouer. L'année suivante, en 93, on a décidé de remettre ça et d'ouvrir cette fois au public. On s'est retrouvé à 2000. Puis 3000 en 94. A cette époque ce n'était pas vraiment un festival. C'était plus entre kermesse et fête champêtre.
Vous aviez un budget ?
On avait vendu des cartons en guises de préventes. Je crois que c'était 100 F pour toute la journée avec la bouffe et le reste. La seconde année les premiers spectacles ont démarré. Des fanfares. La troisième il y a eut notre première petite scène avec un groupe qui s'appelait
LES SATELLITES et DOLLY & Co. Mais c'était toujours ambiance Kermesse avec des jeux l'après-midi, des courses de chameaux... On n'était pas sur Carhaix, mais dans un petit village à 15 km de là, dans un cadre champêtre. Puis en 95 on est venu s'installer à Carhaix avec l'envie de monter cette fois-ci un véritable festival de musique, avec des scènes, de la technique, de la sécu. Bref, le dispositif classique.
Avec la complicité des politiques locaux ?
C'est vrai que la première année, quand on s'est installé à Carhaix, c'était un peu à la demande de la municipalité qui était alors en place. Il y a une vingtaine d'année, il y avait une grande fête qui s'appelait la Fête de Fleurs, qui rassemblait déjà du monde. Il y avait donc de leur côté une volonté de monter un événement plus important. Ils nous ont sollicités, nous avons répondu présent. Et… un mois avant le festival, il y a eut des élections municipales et l'équipe en place c'est fait lourder. Du coup la nouvelle municipalité c'est retrouvé avec Les Vieilles Charrues en se demandant qui nous étions et ce que c'était que ce nom ridicule. Enfin voilà, il fallait le faire. On était en plus passé à trois jours de programmation cette année là, dans le centre ville avec 10 000 personnes avec des groupes comme
THE SILENCERS ou THE BLUES BROTHERS… Mais toujours la volonté de faire une fête populaire.
Sur plusieurs espaces scéniques déjà ?
Non, à cette époque il n'y avait qu'une unique scène, en extérieur. Je regardais, l'autre jour, les tarifs. C'était 20 F le concert des
SILENCERS Avec 4 ou 5 groupes ce soir-là. Le lendemain, les BLUES BROTHERS c'était 30 F. C'était déjà notre parti pris d'avoir des tarifs d'entrés très serrées.
Toujours autant de monde les années suivantes ?
En 96, 20 000 personnes. On est passé à 40 000 en 97. Toujours en centre ville. Là, ça commençait à déborder de partout. Les conditions de sécu commençaient à devenir limites… L'année d'avant, on avant repéré un site pas très loin du centre ville. On s'y est installé pour les années suivantes. Ce qui fait que cela a continué à grandir en terme de fréquentation, jusqu'en 2001. Cette année on était complet un mois avant avec 175 000 entrées. Du coup, on a fait le choix pour l'édition 2002 de réduire la jauge à 55 000 personnes par soir, même si on était encore en dessous de norme de sécurité pour les autorisations de la préfecture. C'était avant tout dans un souci de confort et de convivialité. Maintenant il y a cinq espaces musicaux…
La municipalité vous suit toujours ? Avec quels moyens ?
Oui tout à fait. Jusqu'à cette année, on va dire que sur un budget grosso modo de 30 millions de Francs, on
a 130 000 F de la ville de Carhaix - ce qui est pas mal pour une petite ville de 8 000 habitants. On
a également 400 000 F du Conseil général du Finistère sur le volet transport. On a un partenariat avec eux pour amener les festivaliers à un moindre coût. Tout le reste c'est de l'auto financement. Ces aides représentent, je crois, environ 2,5% du budget total ce qui est assez dérisoire quand on compare à certains festivals. Mais, c'est un choix " politique ", de l'association, de rester complètement libre
dans nos prises de décisions.
A noter que cette année, on va avoir également une subvention de la Région, mais pas sur le festival à proprement parler mais plus sur une partie " projets annexes ". L'an dernier on a mis le pied à l' étrier à un jeune artiste qui s'appelle Olivier Laurent, dans le cadre d'une co-production qui s'appelait les Tombées de la Nuit. C'est un projet autour des musiques de Bollywood, du cinéma indien. Depuis, c'est quelque chose qu'on continu à développer. C'est surtout sur cette partie là, que la Région va venir apporter son soutient.
Voilà pour le volet financement. Ce qui fait que notre challenge reste tous les ans très élevés d'autant plus que les recettes billetterie ne couvrent pas toutes nos dépenses. Il nous faut donc essayer de blinder, déjà. Après nos bénéfices se font sur toutes les ventes annexes : buvettes, restauration, merchandising...
Pour en revenir à l'aspect artistique du festival, une des principales caractéristiques des Vieilles Charrues, c'est l'éclectisme de la programmation. Rock, bien sûr, mais aussi chanson, hip hop ou musiques électroniques. C'est essentiel pour vous ?
C'est vrai que depuis le début, même quand nous n'avions qu'une seule scène, nous avons fait le choix d'avoir une palette artistique très large. Au départ, dans l'esprit de faire une fête populaire, il n'y avait pas l'idée de monter un festival de musiques à proprement parler. Ce qui fait que lorsqu'on a commencé à évoluer, on a fait ce pari d'une palette très large. Ce qui fait que cette année on va retrouver du MICHEL DEPECH comme du
FRANZ
FERDINAND, du DEEP PURPLE, du
NEW ORDER, du
KOOL SHEN en rap ou
JAMIE CULLUM en jazz. On ballait toujours aussi large.
Le come back de DEEP PURLE ! Ils viennent dans le cadre d'une tournée ?
Oui, il y a quelques dates en Europe et ça sera leur seule date en France. En fait ça faisait quelques années qu'on essayait de les " attraper " ce qui ne s'était encore jamais fait pour des histoires de calendrier. C'est vrai qu'il y a ses mastodontes, mais à côté de cela il y a tous nos coups de cœur à Jean-Philippe et à moi, je pense à
DEVENDRA BANHART, à
LCD
SOUNDSYSTEM, à GHINZU, à
ANN PIERLÉ, à
LAETITIA
SHERIFF, même si ne sont pas vraiment des inconnus. Puis il y a des choses un peu plus pointus comme
SWAYZAK ou
NILS PETTER MOLVAER.
Ton vrai coup de cœur à toi ?
S'il n'y en avait qu'un je crois que ce serait LCD
SOUNDSYSTEM. Déjà leur album, je le trouvais très beau, mais sur scène…
Suite...
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